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La concentration et le temps des devoirs chez les élèves



La concentration est une « compétence » tellement fondamentale en termes de qualité d’écoute en classe, de compréhension ou encore d’apprentissage, qu’il nous a paru intéressant de sonder les élèves et leurs familles afin de mettre en évidence ce qui pouvait favoriser leur concentration ou à l’inverse la réduire. Notre enquête a été menée en Juin 2022 sous la forme d'un questionnaire.


Section 1 : Le profil des répondants


Ce questionnaire a été envoyé à 264 familles, soit l’intégralité des élèves de 6e et de 5e.

85 d’entre elles y ont répondu.

Parmi les répondants, il y a 56% de garçons et 44% de filles.

73% pensent avoir entre bien et très bien réussi leur année scolaire.

65% des parents trouvent que leur enfant était bien impliqué dans sa scolarité cette année.


Section 2 : La concentration en classe


Globalement le niveau de concentration des élèves est plutôt perçu comme bon par les parents : 75% ont une bonne qualité / durée de concentration. Mais les résultats soulignent aussi que 25% environ des élèves ont des difficultés récurrentes à le faire, soit 1 élève sur 4 quand même !


Les freins : ils sont multiples et on en retrouve souvent plusieurs chez un même élève : la fatigue, l’intérêt pour la matière, la difficulté à rester assis qui a pour corolaire le besoin de bouger, le voisinage, le bruit, ou encore avoir à suivre un enseignement déjà maîtrisé. De même l’ennui, ou lorsque le contenu d’un cours est mal compris ou trop abstrait peuvent être à l’origine de certains épisodes de déconcentration chez les élèves.


Reconcentration : après une interruption du processus de concentration, environ 40% des élèves seulement arrivent à se reconcentrer rapidement. Pour les autres cela demande un certain temps. Se reconcentrer est difficile pour 16% des élèves.


Technique : 83% des élèves n’ont pas de technique particulière pour se concentrer ou se reconcentrer. Cela signifie donc que c’est un comportement qu’ils ne peuvent ni déclencher ni même contrôler, tout au plus s’en satisfaire quand ils y parviennent et le déplorer quand les circonstances font qu’ils ne le sont pas.


Section 3 : Le temps des devoirs


Quand on en parle de manière logique, tout le monde est d’accord avec le fait que plus vite on commence, plus vite on finit ! Cela est vrai de manière générale et aussi dans le contexte des devoirs que les élèves ont à faire. Pourtant, même si l’enfant est d’accord avec ce principe, à l’instant « t » ce n’est plus toujours aussi évident que ça de se replonger dans le scolaire. Et si après une journée d’école cela peut paraître tout à fait légitime, la quasi-totalité des élèves sondés va quand même se remettre au travail, bon gré mal gré ! Les disparités entre les élèves vont ensuite se révéler en termes d’envie et de méthodes d’une part, de productivité et d’efficacité d’autre part.


Ce constat est une information capitale car cela prouve que nos élèves ont à cœur de réussir, même si encore une fois ils préféreraient faire autre chose, ce qui en soi est déjà une bonne nouvelle. Par contre, si par expérience nous savons que tous nos élèves vont mécaniquement progresser au fil des années et gagner en maturité, tous n’ont pas aujourd’hui les mêmes méthodes, ne rencontrent pas les mêmes freins et n’ont pas les mêmes besoins pour faire de ce moment des devoirs un temps d’apprentissages productifs, dans une durée maîtrisée.


Pause : la quasi-totalité des élèves fait une pause au retour du collège ce qui est rappelons-le, vivement recommandé. La durée de celle-ci est variable : pour un peu plus de la moitié d’entre eux elle dure ente 20 et 30 minutes. Pour environ 10% d’entre eux elle est inférieure à 10 minutes et comprise entre ½ heure et 1 heure pour 26%, voire même d’une durée supérieure à 1 heure pour 6% des élèves.


Temps consacré aux devoirs :

42,9% des élèves consacrent entre 1 heure et 2 heures de travail par jour à leurs devoirs, 54,8% y consacrent moins d’1 heure et 2,4% plus de 2 heures par soir.


Le moment de s’y mettre :

Parmi les élèves, 53,6% se mettent seuls à leurs devoirs. Les autres élèves ont besoin que quelqu’un leur dise de s’y mettre (soit 46,4%).


35,7 % se mettent à leurs devoirs avec facilité, alors que pour 14,3 % d’entre eux il est dur de s’y mettre. Il ressort quand même que ces données sont à relativiser dans la mesure où la mise en route des devoirs est variable pour 50 % des élèves. Cela va dépendre des jours, de ce qu’il y a à faire, de la quantité de devoirs, etc…


Les freins :

Ceux-ci sont multiples et on peut en retrouver plusieurs se cumuler chez un même élève. Le tout premier est donc l’envie de se remettre à ses devoirs après une journée d’école, parfois synonyme d’une perte de temps au démarrage, voire après aussi. C’est donc une question de motivation. Il y a ensuite différents éléments qui peuvent impacter la qualité de ce temps consacré aux devoirs. En tout premier lieu on peut faire état du niveau de forme général de l’enfant, la fatigue, le besoin de se défouler, etc… car il est bien évident qu’on ne pourra pas attendre d’un enfant fatigué intellectuellement et physiquement la même chose qu’un autre plus en forme. Viennent ensuite d’autres éléments comme par exemple l’intérêt pour la matière, la difficulté, la taille des tâches demandées : un travail qui s’éternise devient parfois une source de déconcentration et d’énervement, ce qui bien évidemment est ici contre-productif. Le passage d’une activité à une autre peut aussi être un facteur de déconcentration qui aura un impact sur la durée des devoirs et sur la qualité du travail effectué. Parfois la présence – ou l’absence – d’un adulte, ou de toute autre personne susceptible d’encadrer ce temps des devoirs, aura un impact fort durant ces moments charnières. A cette liste de freins potentiels s’ajoute bien évidemment une utilisation inappropriée du téléphone et autres écrans.


En parallèle on peut aussi avancer que la durée est dans la plupart des cas un facteur aggravant. En effet, pour de nombreux enfants, plus le temps passé sur les devoirs est long plus l’efficacité diminue. De même, plus l’élève se dit qu’il va devoir y passer du temps moins cela le motive à s’y mettre. Ainsi, un exercice – ou plus – faux, est parfois source d’agacement et de démotivation ar cela repousse d'autant la fin du temps des devoirs.


Les leviers : si un certain nombre d’éléments sont susceptibles de perturber la concentration des élèves, il en existe par contre d’autres qui semblent favoriser celle-ci. Déjà la motivation aide, ce qui n’est pas un scoop ! C’est ici la perspective de pouvoir faire autre chose après qui motive le plus les élèves interrogés. L’intérêt pour la matière est aussi un levier important. A l’autre extrémité de la liste des motivations, le regard parental fait lui aussi son effet ! en parallèle, d’autres éléments, pragmatiques, semblent être des aides significatives à la concentration : étudier dans un lieu calme, se donner des objectifs de travail réalistes à atteindre, travailler en temps limité, aménager quand c’est nécessaire une autre pause. La présence des parents à certains moments clés pour relancer ou recentrer l’enfant semble aussi avoir des effets intéressants.


Organisation :

- de l’espace de travail : en fin d’année, 62,2% des élèves parviennent à bien gérer leur espace de travail. En revanche cela n’est pas encore acquis pour 37,3% d’entre eux.

- de l’agenda : 72% des élèves se repèrent bien dans leur agenda tandis que 6% ont du mal. Pour 22% l’utilisation de celui-ci reste perfectible.

- gestion de la charge de travail : 62% des parents trouvent que leur enfant arrive régulièrement à bien répartir la charge de travail tout au long de la semaine, et 22% parviennent à le faire occasionnellement. En revanche, 5% des élèves ne parviennent pas à suffisamment répartir cette charge de travail car ils trouvent qu’ils en ont déjà trop au quotidien, et 11% car ils ne consacrent pas assez de temps à leurs devoirs.


Les besoins :

Si dans la majorité des cas les parents estiment que leur enfant utilise des méthodes efficaces et que ses résultats reflètent plutôt bien ses efforts il faut quand même noter deux choses. La première est que ce n’est pas le cas pour tous les élèves en fin d’année de 6e ou de 5e. La deuxième est que tous s’accordent à dire que les méthodes sont perfectibles, ce qui est tout à fait dans la norme pour des élèves de cette tranche d’âge.


Les points d’améliorations peuvent se regrouper en 6 catégories :

-Avoir des techniques ou des astuces pour se mettre aux devoirs plus rapidement et pouvoir maintenir une bonne dynamique de travail.

-Développer ses facultés à se concentrer, en termes de qualité et de durée.

-Avoir des méthodes d’apprentissage, notamment comment mémoriser à long terme

-Avoir des clés pour faciliter l’organisation et la planification, pour mieux répartir la charge de travail, améliorer la qualité des apprentissages, et anticiper les évaluations

-Améliorer la confiance en soi.


Section 4 : En conclusion


En neurosciences, la concentration est une compétence essentielle et indispensable dans le domaine des apprentissages. Il ressort de cette étude que la majorité de nos élèves arrivent assez naturellement à en fournir une de qualité tant en classe que pendant le temps des devoirs. En revanche, pour tous les élèves la concentration est une ressource précieuse et aléatoire à la fois, dans la mesure où elle n’est pas toujours évidente à canaliser et à contrôler : s’il est plus facile de se concentrer quand on est en forme et dans un cours que l’on aime bien, ou de faire ses devoirs quand on est intellectuellement disponible, cela deviendra plus délicat dans des situations moins favorables. En ce qui concerne les devoirs, 40% des familles trouvent que leurs enfants optimisent assez bien leur temps tout au long d’une semaine de cours, et 73% arrivent à dégager du temps en fin de journée pour faire autre chose que du scolaire.


Rappelons pour finir que les 85 répondants à ce questionnaire ne sauraient constituer une cohorte suffisamment importante pour que l’interprétation de ces données puissent être généralisée. En revanche, celles-ci peuvent être considérées comme des tendances et des pistes de réflexions pour les enseignants, les parents et les élèves eux-même.


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