La méditation, effet de mode

ou véritable alliée pédagogique?

Qui aujourd’hui n’a pas entendu parler de la méditation et de l’incroyable élan qu’elle suscite, tant elle est partout présente : aussi bien à la une des magazines, qu’au centre des conversations, au bureau, dans des émissions de radio ou encore sur les plateaux télé… Et lorsque l’on tape sur Google le mot "méditation" ce ne sont pas moins de 24 millions de pages de réponses qui s’affichent, qui plus est, rien qu’en français ! Ça peut faire réfléchir quand même !

 

Alors, comment expliquer cet engouement croissant des adultes pour cette pratique qui se popularise aussi et de plus en plus, auprès des plus jeunes ? Quels bienfaits les uns et les autres retirent-ils de la pratique de la méditation ? 

 

Un intérêt croissant qui ne s’est jamais démenti !

 

Déjà, et pour remettre les choses dans leur contexte, que ce soit en France ou à l’étranger il y a toujours eu des personnes qui méditaient. La première phase de ce développement de la méditation, en particulier celle dite de « pleine conscience » trouve sa source aux États-Unis lorsque dans les années 1970 le docteur en biologie moléculaire et professeur émérite de médecine Jon Kabat Zinn a l’idée de "laïciser" la pratique ancestrale des moines bouddhistes. Il propose alors un programme de réduction du stress (MBSR) basé sur l’utilisation d’exercices pratiques de pleine conscience. Les premiers constats mettent en avant que ce type de méditation permet d’agir de manière significative sur au moins 3 types de symptômes bien précis. Elle permet de réduire le stress, tout comme elle permet de prévenir les rechutes chez des gens dépressifs. Grâce à elle, il est également plus facile de contrôler les douleurs physiques. Forte des résultats obtenus auprès de ses patients, la "méthode" de J. Kabat Zinn va se développer dans d’autres hôpitaux nord-américains, puis dépasser les frontières du pays et finir par être utilisée un peu partout dans le monde. 

 

En France, la pleine conscience va connaître un essor notamment sous l’impulsion du psychiatre Christophe André, spécialiste des troubles anxieux et dépressifs, qui développe au sein de l’hôpital Sainte Anne à Paris qu’il intègre au début des années 90, un programme d’aide pour ses patients basé sur les principes de la méditation de pleine conscience. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages à destination du public dans lesquels il met en avant les bienfaits de la méditation pour tout un chacun, et pas seulement pour les personnes atteintes des troubles cités plus hauts. 

 

Ainsi, dans un contexte de société de consommation, de rendement à tout prix, de stress, où tout va vite et où les personnes ne sont pas toujours ménagées comme elles le mériteraient, la méditation trouve toute sa place en apportant des solutions qui permettent à celles et ceux qui en ressentent le besoin, de se reconnecter à soi, à son intériorité, à prendre du temps pour soi, de l’espace, en changeant de tempo et en portant son attention vers soi. C’est une hygiène de vie qui vient taper à la porte d’un monde à la recherche de valeurs comme un retour à ce qui est essentiel.

 

Et les enfants dans tout ça ?

 

Est-ce qu’il serait pertinent d’utiliser ces principes avec des enfants et des adolescents ? Dans quelle mesure et pour quels effets pourrait-on introduire la méditation dans l’univers des jeunes, bien connus pour leur vivacité d’esprit et leur grande énergie ?

 

Déjà le premier constat est que les jeunes, ce terme incluant tout autant les enfants que les adolescents et même les étudiants, vivent dans le même monde que les adultes. Le deuxième est que même s’ils n’ont pas à gérer les mêmes responsabilités que leurs parents, ils ressentent à n’en pas douter le caractère anxiogène de la société dans laquelle ils grandissent. A notre époque d’hyper communication ils en captent toute la violence, les peurs, les menaces, comme le spectre du chômage ou… de l’échec scolaire.

 

Et s’il est vrai que certains jeunes parviennent à bien "gérer" leur parcours personnel, il est vrai aussi que d’autres y arrivent nettement moins bien et se retrouvent dans des situations de stress et/ou d’anxiété chroniques tout à fait comparables à celles rencontrées par les adultes, et dont ils ne savent pas se sortir. 

 

Pour quels résultats ? 

 

Ainsi, face à des symptômes plus ou moins identiques, on pouvait émettre l’hypothèse que les exercices de pleine conscience – adaptés en fonction de l’âge des élèves – conduiraient à une diminution de ces symptômes chez l’enfant. Les premières tentatives d’introduire la méditation dans les écoles sont très prometteuses et ont confirmé ce à quoi l’on pouvait s’attendre. Les enfants tirent également de grands bénéfices de la pratique de la pleine conscience. Les différentes études menées auprès d’eux montrent qu’elle permet de faire descendre le niveau de stress dans les différents contextes liés aux études et aussi dans leur quotidien de manière plus générale. De même, en fonction de leur âge, les angoisses liées aux interrogations et aux craintes qu’ils peuvent avoir sont elles aussi en recul. De plus, la méditation, qui améliore la qualité de l’attention et de la concentration, devient une alliée de poids puisqu’elle stimule ces deux compétences essentielles dans le cadre des apprentissages scolaires. De surcroît, l’impact de la méditation sur le comportement des adolescents atteints de troubles TDA-H est également significative, ce qui ouvre des pistes intéressantes. Il est également très révélateur de noter que dans les écoles qui ont aussi pris le parti d’utiliser la méditation comme outil de "sociabilisation" les effets positifs sont remarqués aussi bien par les élèves eux-mêmes que par leurs parents et par le corps enseignant.

 

Il est clair que des études scientifiques ont besoin d’être menées, notamment en France, afin de confirmer la légitimité de la pratique de la méditation. Elles auront aussi l’intérêt de pouvoir informer les gens, élèves, parents et professeurs sur ce qu’il est possible de faire. Ces études pourront ainsi donner un cadre permettant de cibler les exercices les plus appropriés en fonction des publics. Ce qui est sûr c’est que de plus en plus d’écoles primaires françaises, de collèges, de lycées et même d’écoles supérieures se lancent dans des programmes visant à aider leurs élèves, et que si la méditation était encore un phénomène marginal il y a quelques années, son implantation dans le quotidien des adultes et des enfants est une réalité de plus en plus évidente. Essayer c’est l’adopter !

 

Sources :

Letudiant.fr / Lefigaro.fr / Erudit.org / Sciences et avenir n°797 – juillet 2013